Eric Bertrand

Nouvelles pour l’été.

Editions Aléas.

 

par Brigit Bontour

« Manger une glace », «  rouler vitres ouvertes en écoutant Gainsbourg », « aller au bal du quatorze juillet » : rien de commun dans les onze nouvelles du recueil d’Eric Bertrand, sinon l’été.

L’été et ses minuscules plaisirs ou ses drames terrifiants dont on se souvient durant toute une vie. L’été, cet autre monde où le temps n’a pas la même densité, que le reste de l’année. Sont- ils plus ou moins riches, que ceux des onze mois précédents ou à suivre, ces jours brûlants ? qu’importe.

Le diable est dans les détails et dans les nouvelles d’Eric Bertrand. 

Dans les souvenirs de Millie, une vieille dame qui rejoue son existence dans les yeux de sa petite fille, le temps d’une glace à la fraise.

Dans la vie trop brève de Laetitia, la misérable petite victime du bal du quatorze juillet, qui n’aura pas beaucoup résisté.

Il y a de très beaux moments dans ces récits : la grâce de la chaleur et son contraire, la haine qui sourde sur le bitume au soir de ces journées trop chaudes. Il y a ces crépuscules exaspérants de moiteur où rodent les fantômes de Gainsbourg et de Mélodie Nelson, « Matisse à la trottinette ».

Eric Bertrand a écrit ce court recueil durant l’été 2003, celui de la canicule. Il n’est pas indifférent de le savoir.

Dans ces « Nouvelles pour l’été », dont la relecture par l’éditeur semble avoir été quelque peu rapide, demeure pourtant l’essentiel : le ton qui en signe chacune d’elle.

 

 

Brigit Bontour