Kates Moses

Froidure

Editions du quai Voltaire

par Brigit Bontour

Dans ce premier roman à la fois lumineux et désespéré, Kates Moses évoque la dernière année de la vie de Sylvia Plath, la poétesse qui se suicida le 11 février 1963 à 31 ans. Si elle ne laissa que deux livres, elle marqua le paysage littéraire mondial à la façon d’ un météore.

Dans ce roman biographique, l’auteur fait revivre le visage de la jeune femme trahie par son mari. Elle a quitté le paradis de son manoir du Devonshire pour se retrouver seule à Londres avec ses enfants.

Elle revoit les moments de pur bonheur qu’elle vécut avec lui, mais aussi sa trahison, et les périodes les plus sombres de sa dépression, une tentative de suicide, les électrochocs et le désespoir sans fond.

Elle survit plus qu’elle ne vit, en ces derniers mois. Elle écrit, totalement perdue. Sans cesse dans ce roman s’entrechoquent les mots de l’espoir défunt :   « les mille jonquilles et narcisses, les pommes qui tapissent le sol du verger en novembre «   de son jardin d’eden et les couleurs maladives d’une jeune vie qu’elle pressent à la fin de sa course : «  le matin bleuté, comme contusionné » ou encore cette robe de chambre de circonstance « comme si elle s’emmitouflait dans un hématome ».

Le livre est pur et coupant comme ce dernier hiver trop froid d’une femme talentueuse qui n’était pas faite pour le bonheur et que celui-ci a superbement ignoré.

Brigit Bontour