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Dans
un improbable centre de désintoxication,
quelques malades de l’alcool tentent une difficile guérison.
Le
narrateur a un poulpe à l’intérieur de son propre corps. Un animal
qu’il nourrit d’alcool pour l’apaiser et qui en échange le rend fou :
« tous les matins, en sueur, tremblant, le cerveau qui vibre,
l’estomac qui hurle ».
Alcoolique,
le mot est terrible, la réalité pire encore. Mais, courageusement, Yves va
tenter de s’en sortir. Pour cela il se rend dans un centre de désintoxication
où semblent s’être donnés rendez-vous tous les cassés de la vie, les
abîmés de la société. Lui qui s’attendait à « Vol au dessus
d’un nid de coucou, se retrouve en plein Halloween , avec des visages
de toutes les couleurs : édentés, fatigués, cicatrisés » sur
lesquels on devine toutes les blessures du monde.
Pourtant,
le séjour un peu militaire, parfois ridicule se passe plutôt bien. Les
malades sont regroupés selon une nomenclature rigide : semaine 1 puis
2…..selon leur date d’arrivée. Les plus anciens ont le plus de privilèges :
comme celui de tenir le bar sans alcool ou de sortir en ville : enfin
plutôt un village à l’unique bar où les alcooliques locaux, leurs frères
en boisson se méfient d’eux.
Tous
ont en commun l’obligation de se soumettre à des séances de psy
collectives, et le désir de devenir enfin sobres.
Bien peu pourtant savent qu’ils le pourront, tant le sacrifice est
immense et la vie sans alcool trop dure.
La
plupart n’ont pas le courage, ou plus la force de se colleter avec la réalité
qui les a trop déçus, où trop de leurs rêves se sont perdus. Ceux-là
savent qu’ils boiront à nouveau. Parfois le soir de leur sortie, parfois
un mois après. Ou jamais. Mais ce serait exceptionnel.
S’il n’y avait pas l’humour, le roman de Thierry Vimal serait un
concentré de désespoir à l'état pur. Heureusement, il arrive à trouver
drôles les pathétiques efforts de ses compagnons désabusés pour se sortir de l’enfer.
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