Claude Aubry -LIEUX DITS- Isabelle Servant


Claude Aubry, photographe, me disait que ses oeuvres, qu'il appelait Lieux Communs,
demandaient à toute force de devenir des Lieux Dits,qu'il leur fallait des mots.
J'ai tenté de le leur donner.
Et je les dédie à l'Arpenteur, qui les a tous inspirés, avec toute ma tendresse. ( Isabelle Servant )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



("slow train is coming", C. Aubry)

 

 

 

 

 

 





 

 

 

Tu as ouvert le livre du chaud et des visages sont là le matin, presque à l'aube pour te frotter de vie normale faire gravir les barreaux te pousser, gaver d'étoiles, les vraies, celles qui font peur parce que tu as tant vécu tant aimé mal et maintenant c'est bien là-bas que tu vas parce que là-bas c'est important parce que c'est une chose à laquelle tu tiens et l'être précis (pas plus précis que toi pourtant), aussi noué dans son noir de caverne aussi électrique mais le chemin a toute la neige dans votre direction

 


 

 

 

 

 

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Il est question de diables enfouis
Lave dissimulée sous le soc des caresses
Ou sous le froid
Voici le sommet des sommets, ses branches
Evasées de toutes leurs rivières
Y planter cette vue Ouverte qu’en l’ailleurs
Un angle soudain nous réfracte Indispensable
Comme autrement ne pourrait vivre l’intérieur
Homme noué
Terriblement le sel de toute vie
Wagon d’étrange et de poussière
Amour pourtant exceptionnel amour
Noyé des larmes invisibles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


("the driver", C. Aubry )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

("cry", C. Aubry)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si la maison nous pleure
comme un minuscule rectangle de moment troué sous les broussailles
après que l'aurore se disperse
et à la toute extrême fin de ses terrasses
il paraît que je ne meurs pas
non
j'examine le désespoir des ravins de calcaire je coupe des sculptures de rochers
comme ce poing de femme
en sueur qui dévale aussi sur mon côté
de silence toujours manqué
toujours parce qu'on s'altère
je ne meurs
pas je marche à pieds comptés d'un jour
que très lentement tu donnes
et dans la myrte se mélangent les figuiers comme palettes inutiles
sans couleurs