Avec Ferré...

Boite à chansons
J'avais voulu te rencontrer, comme dans un film, Au pied du phare, au contre-chant des déferlantes quand les marins jouent de l'étrange Je t'avais dit... Rien, probablement trois fois.
Je t'avais dit tout simplement mon amitié. Le silence avait cogné, désespérant un mal de vivre. Avec ta gueule de trapèze, tes pompes vertes au goût douteux, tu vis en mer.
Tu m'avais dit qu'il n'y a plus rien, aux heures froides de ma chambre, toute la nuit de mes vingt ans et le poète de sept ans vociférait dans ta voix d'homme. L'âge d'homme comme on dit et toi un peu qui m'aventure et moi un peu qui prend parole. Des mots, les tiens, les mimétismes du soleil dans le poème qui rend beau. Une éclaircie. J'avais parlé trop vite, en ponctuation barbare, amour, enfance, mort, je t'avais oublié ne bavant que sur moi à travers un totem. Camarade, les amours carabosse, les fresques libertaires, de la musique jusqu'aux larmes et du poème jusqu'à l'os. Toute une urgence dans la peau !
J'avais voulu te rencontrer. Comme dans un film.
Dans les coulisses long métrage. Dans les vestiaires de tes mots, juste avant les trois coups fracassants de Madame la misère, Je t'avais dit tout ce chemin fait dans ta traîne, mes faux accords et mes gueulantes, planté sur le micro des foires.
Je t'avais dit, ils vont perdre ta trace sous le projo poursuite, ils n'écoutent plus rien, ils font sous eux de la paillette !
Qui donc remplacera l'âme des amants tristes ? Qui donc ? Tout le monde s'en fout !
C'est fantastique, non ?
Je garde l'ascenseur résumant dans ma nuit tous les temps de la vie.
Dans ce juillet pourri, les nouvelles me font mal, jusqu'à la page des spectacles.


Rob Juillet 93