
Morel en spectacle, c'est l'assurance
de passer une soirée
magnifique en résonances, avec du rire fou ou fin,
de la tendresse, de la gaudriole en multitude de degrés,
de la musique claire et tout ça maintenant, tout
le monde le sait. Tout le monde le dit, c'est de l'officiel
estampillé.
Juste pour le chuchoter à l'oreille, il a une sacrée
bouille, mouvante et émouvante, égrillarde
avec la larmichette qui n'est jamais très loin.
Je crois, c'est important mais ce n'est peut-être
qu'une impression, qu'il arrive même à faire
bouger ses oreilles, comme mon regretté tonton Louis.
Tonton Louis, je dois le dire honnêtement avait des
oreilles beaucoup plus larges, des portugaises de l'autre
monde. L'effet était saisissant, Gérard doit
encore progresser dans ce domaine. Bon, là où tonton
Louis marque un avantage c'est que lui savait en même
temps que les oreilles faire bouger ses biceps monstrueux
de haut en bas en accompagnant la prouesse de hop, hop
sonores, et ça, je ne sais pas si Morel sait le
faire, ou alors qu'il me le prouve.
Pour en revenir au troisième disque de Gérard
Morel "Mon festin" c'est comme une panoplie de
printemps à exposer en toutes saisons.
Ici, sur l'enregistrement, on peut oublier le spectacle
pour se laisser envahir par les mots, encanaillés
par des rimes venues de nulle part, par une voix toute
en chair, je veux dire une voix qui souligne les mots,
vers les autres, en faisant oublier le travail méticuleux
sur les sonorités et les métriques. C'est
de l'art.
Ce type est beau de malice, et n'est dupe de rien, on ne
peut que l'aimer.
C'est difficile d'organiser avec des mots la petite chaleur
dans le bide qui naît à l'écoute de "mon
festin".
Allez Gérard, on boit un coup ! A la tienne !
A ton sourire déplié comme un accordéon.
Rob
Le site de Gérard morel