Les balades parisiennes de l’Oncle Jérôme

Trentième balade
Autour de l'Hôtel-de-Ville

par Michel Ostertag

  

Rues visitées :

Rue Simon Le Franc. Rue Pecquay. Rue de Moussy. Rue Aubriot. Rue Sainte-Croix-de-La-Bretonnerie. Square Sainte-Croix-de-La-Bretonnerie. Rue des Guillemites. Rue des Blancs-Manteaux.

       L’oncle : Nous voici réunis pour une nouvelle balade au cœur de ce quartier du vieux Paris aux noms de rues qui fleurent bon « son Moyen-Age » comme la rue Sainte-Croix de-La-Bretonnerie… et tant d’autres.

       Le neveu : D’ailleurs plus on avance et plus les rues perdent leurs dimensions en largeur et longueur… Encore un peu et on ne pourra plus passer à deux de front !

       L’oncle :  Tu exagères un peu, mais il y a du vrai dans ce que tu dis ! Commençons par la

rue Simon-Le-Franc. Le nom de cette rue date du XIIIe siècle, c’est une déformation du nom d’un savetier qui habitait cette rue et qui y mourut.

Au n° : Le portraitiste Nicolas de Largillière (1656-1746) habita ici vers 1713.  Auteur de peintures religieuses et aussi de natures mortes, il fut surtout apprécié en tant que portraitiste par une clientèle de bourgeois fortunés. Formé à Anvers, il était admiré par ses qualités de coloriste ; il avait hérité des Flamands un goût pour les couleurs chaudes et les glacis subtils, la fraîcheur des carnations, le reflet des tissus.

Au n° 8  (et 7, rue Geoffroy-l’Angevin) : Ancien hôtel de Mesmes qui a appartenu au petit-fils de l’astronome Jean-Dominique Cassini. Les Cassini étaient une famille de savants, d’origine italienne. Jean-Dominique ou Cassini Ier (1625-1712) (photo), fut appelé par Colbert pour organiser l’Observatoire de Paris dont il devint le directeur. Il travailla sur Mars, Vénus et Jupiter ; c’est lui qui découvrit deux satellites de Saturne. Son fils Jacques, dit Cassini II (1677-1756) travailla essentiellement sur la rotondité de la Terre. César François Cassini (1714-1784), fils du précédent, entreprit la plus grande carte de France, appelée Carte de Cassini. Son propre fils, Jean-Dominique de Thury (1748-1845) termina la carte de France de son père et prit une part active à la division du pays en départements.

       Le neveu : Belle famille de savants ! Le fils qui termine le travail commencé par le père, j’admire !

       L’oncle : Tu as raison, ce n’est pas si courant.

Au n° 11 : Maison habitée, en 1771, par l’abbé de Beaulieu, fils de Mme d’Épinay, laquelle avait ouvert un salon littéraire fréquenté par les gens illustres de l’époque comme Diderot ou J-J Rousseau pour qui elle avait fait aménager l’Ermitage de Montmorency et où il écrivit Émile et le Contrat social.

       Le neveu : Très bel endroit à visiter, à Montmorency. Je le recommande, un vrai dépaysement si près de Paris.

 

Rue Pecquay

Dans cette voie, ce passage, un hôtel avait appartenu ; en 1650, à une famille de magistrats.  Lavoisier  y était né en 1743. Dans son état actuel, la rue Pecquay date de 1954.

 

Rue de Moussy

Cette rue a été pendant très longtemps mal famée. Difficile à croire aujourd’hui, tant la rue est claire et propre. L’origine du nom est douteuse, s’agit-il de Jean de Moussy, échevin de Paris en 1530 ou de Marie de Moucy propriétaire de l’hôtel situé au n° 7 ? On pencherait plutôt pour cette dernière explication. Le nom a été donné à cette rue en 1644.

Au n° et n° 9: Emplacement d‘un hôtel, démoli en 1893. Il a appartenu aux évêques de Beauvais où descendait Pierre Cochon, le fameux évêque du procès de Jeanne d’Arc. Pierre Cochon (1371-1442) né à Reims était un grand érudit doublé d’un homme politique, docteur en théologie, maître ès arts, chanoine de Beauvais, défenseur de Jean sans Peur. En 1420, il devient évêque de Beauvais sur les recommandations du duc de Bourgogne. En qualité d’évêque, il prit une part active au procès de Jeanne d’Arc, car celle-ci avait été prise à Compiègne, donc dans son diocèse. Après la mort de la Pucelle, il fut nommé évêque de Lisieux.

Cet hôtel a appartenu aussi au père de la future marquise de Pompadour (née Poisson) qui l’habita jusqu’en 1727. L’immeuble a été démoli en 1985 pour la construction d’une école.

 

Rue Aubriot

Pendant six siècles, cette rue a porté le nom de Rue du Puits ou du Puy. Ce nom était dû à un puits ou une citerne publique qui s’y trouvait dans les années 1267. Le nom du bâtisseur de la Bastille, Hugues d’Aubriot, prévôt de Paris, lui a été donné en 1867.

Le neveu : Je sais qu’Aubriot a construit la forteresse de la Bastille, mais encore…

L’oncle :  On ne connaît pas sa date de naissance, seulement sa mort en 1382. Il a été prévôt de Paris, surintendant des finances du roi Charles V. En effet, il posa la première pierre de la Bastille le 22 avril 1370.  On lui doit aussi les premiers égouts avec voûtes, des quais et des ponts comme le pont Saint-Michel et le pont au Change. Il a eu une fin de vie bien triste car à la mort Charles V, on l’accusa d’hérésie, d’impiété, … il était accusé d’avoir aidé des enfants juifs à retrouver leurs parents à qui ils avaient été soustraits.

Le neveu : Déjà, à l’époque, de telles horreurs !

L’oncle : La sentence fut terrible : à perpétuité dans une fosse et comme nourriture, eau et pain seulement… Il fut enfermé dans un cachot de la Bastille, – ironie du sort – mais heureusement pour lui, il n’y resta qu’une année, car, en 1382, il fut délivré par « les maillotins » qui étaient des Parisiens insurgés contre un nouvel impôt indirect. Ils étaient armés d’un gros maillet. La révolte fut réprimée par Charles VI. Réfugié dans le Gard, Aubriot y mourut la même année.

Au n° (et 18, rue Ste-Croix-de-la-Bretonnerie) : Immeuble ancien, remanié au XVIIIe siècle.

Au n° 2 (et 162, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie) : Vieille maison où habita l’astronome Lefrançois de Lalande (1732-1807) Mansardes et mascarons à regarder. Découvrons dans l’encoignure une madone, de style moderne, dans sa niche et culot.

       Le neveu : À ne pas confondre avec le musicien Richard Delalande compositeur des symphonies pour les soupers du Roy.

Au n° : Ancien hôtel du XVe siècle, restauré au XVIIe siècle orné d’une magnifique porte ancienne. (photo)

Au n° 4 et : Porte cloutée.  Immeuble du XVIIe siècle. Le n° 4  a été rehaussé très joliment.

Au n° : Du XVIIe siècle. Façades sur rue  et sur cour, porte à panneaux cloutés ; escalier fer, escalier bois, plafond à poutres peintes au rez-de-chaussée. Restauration récente.

Au n° et 8 : Vieille maison, porte datant des  XVIIe et XVIIIe siècle.

Au n° : Porte dont les vantaux sont classés. Hôtel du XVIIe siècle.

Au n° 10 :  Ancien Hôtel de Vaton (1616), puis du conseiller Louis Havis (1703-1782). Il était conseiller du roi Louis XIV, contrôleur des rentes de l’hôtel de Ville. Il acheta cet hôtel en 1705 et le fit reconstruire de neuf.  Homme de goût mais infatué de noblesse, il fit placer un écusson au-dessus de la baie de l’entrée en gravant un jeu de mots sur son nom. La plupart des ornements intérieurs ont disparu au moment de la Révolution.

Au n° 12 : Porte. Du XVIIe siècle. Façade, escalier en fer forgé.

Au n° 14 : Du XVIIe siècle. Façade sur rue.

Au n° 16 (et angle rue des Blancs-Manteaux) : Façades du XVIIe siècle sur rue, remaniées. « Théâtre des Blancs-Manteaux », lieu de prédilection des jeunes talents débutants. Créé il y a trente ans, il a servi de tremplin à une multitude d’artistes devenus célèbres ensuite, aussi bien dans le domaine de la chanson, de l’humour comme Renaud, Palmade, Jolivet ou Anne Romanoff, mais aussi dans le domaine de la musique ou des créations théâtrales.

 

Rue Sainte-Croix-de-La-Bretonnerie   

Au n° : Hôtel Raoul de La Faye. Dommage qu’il soit masqué de la rue par un immeuble de location, mais il demeure un des rares bâtiments du début du XVIe siècle. Ce Raoul de La Faye était le secrétaire du roi et propriétaire de cet hôtel. On pense qu’il en fut le constructeur. Au moment de son inscription à l’inventaire, en 1966, l’hôtel est très affecté par le temps. Une fondation japonaise Tanaka a aidé à sa complète restauration et grâce aux Archives Nationales on a pu retrouver les indications concernant l’agencement des pièces et du mobilier, ce qui permit une reconstitution à l’identique. Le corps du logis possède des plafonds à poutres et des solives peintes. On trouve dans la partie XVIIe siècle un escalier orné d’uns sphinge et d’un dauphin. On peut visiter cet hôtel lors des Journées du Patrimoine. Le jardin médiéval offre une particularité : faire vivre une vigne, qui doit être une des rares vignes du quartier du Marais ! Si on vous offre un verre de cette production, vous pourrez vous vanter d’avoir bu un vin de Paris !

Au n° : Théâtre du Point-Virgule.

       Le neveu : De réputation nationale ! Tu sais que la salle est minuscule, moins de 100 m2. À l’origine, c’était une menuiserie et en 1975, c’est devenue une salle de spectacle :« La veuve Pichard » construite par les jeunes comédiens Martin Lamotte et Gérard Lanvin ; en 1978, ils passent la main à Christian Varini  qui en fait le théâtre que nous connaissons aujourd’hui. Sa principale fonction est la découverte de jeunes talents comiques.  La liste est longue : Bigard, Elie Kakou, Palmade, Virgine Lemoine…Et tu peux me croire, la salle est pleine tous les soirs.

       L’oncle : Je vois que tu es un habitué du lieu…

       Le neveu : Tout à fait !

Au n° : Centre d’Études Catalanes de l’Université Paris-Sorbonne. Magnifique plaque en fonte symbolisant les aventures de Don Quichotte.

Au n° 37 : Emplacement de la maison où Menier, alors droguiste fonda la marque du chocolat Menier à laquelle son fils Emile-Justin donna, en 1853, un essor qui le fit renoncer, en 1867, à la droguerie pour se livrer uniquement à la fabrication du chocolat. Il mourut en 1881 et fut remplacé par ses fils Henri et Gaston Menier.

Premier siège du PC jusqu’à la mi-1921. Jusqu’à cette date, le PC conserve le siège qui était celui de la SFIO avant la guerre de 1914. Au Congrès de Tours en décembre 1920, la scission eut lieu au sein du Partie Socialiste avec la création du PCF. Le nouveau parti compta alors 110 000 adhérents.

Au n° 44 : Hôtel ayant appartenu, à la fin du XVIIIe siècle à un banquier nommé Kornmann dont les aventures conjugales dues aux liaisons de sa femme avec Caron de Beaumarchais ou avec le lieutenant de police Lenoir ou encore avec le cardinal de Rohan amusèrent tout Paris.

Le neveu : Le cocu magnifique, en somme !

L’oncle : Oui, c’est ça même !

Au n° 47 (et 24, rue du Temple) : Tourelle de 1610. Photo.

Le neveu : Ça c’est tout à fait remarquable ! Une telle survivance ! C’est à peine croyable. N’aurait-on pas pu en conserver un peu plus, un petit effort, messieurs du Patrimoine ! Vous ne fûtes pas très généreux dans la sauvegarde du passé !

 

 

 

Square Sainte-Croix-de-La-Bretonnerie

Le neveu : D’abord, ce square n’en  est pas un ! C’est simplement une rue comme une autre ! Qu’en penses-tu ?

L’oncle : C’est vrai, mais je pense qu’à l’origine ça devait être un square qui était au centre géographique du Couvent des Frères de la Sainte-Croix qui comprenait un quadrilatère  formé par les rues du Temple, Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, des Archives et de la Verrerie.

Ce couvent était ici depuis le XIIIe siècle et jusqu’à la Révolution de 1789. La principale occupation des religieux était de méditer sur la Passion et la Croix de Jésus-Christ. Ils obéissaient à l’Ordre de Saint-Dominique. C’est Saint-Louis qui les fit venir, à Paris, en 1258 et les installa ici-même. Au fil du temps, des désordres eurent lieu dans la communauté et sous Louis XIII, le cardinal de La Rochefoucauld ordonna de changer de règle et ils prirent la règle de Saint-Augustin.

Ce couvent qui avait en pension des laïcs eut également les premiers membres des pompes-funèbres qui tenaient leurs réunions dans ce couvent. Il fut fermé en 1790 et vendu trois ans après. Le square fut ouvert en 1810.

 

Rue des Guillemites

       Le neveu : J’adore ce nom ! D’où vient-il ?

       L’oncle : C’étaient des membres d’un ordre religieux au XIIe siècle, des ermites qui s’étaient retirés dans la vallée de la Sienne. C’est le roi Philippe Le Bel qui leur offrit l’hospitalité dans le monastère des « Blancs-Manteaux » Cette rue est le résultat de la fusion de 1868 de plusieurs rues comme les rues Sainte-Croix-de-La-Bretonnerie et des Blancs-Manteaux et aussi de la rue des Francs-Bourgeois.

Au n° : Curieuse plaque indiquant l’entrée exacte de l’immeuble.

Le neveu : Grande preuve d’honnêteté…Elle doit faire envie à plus d’un collectionneur… J’ai un copain qui collectionne les plaques comme celle-ci, celles du métro avant que les stations soient refaites… Tu vois le genre ?

Au n° : Porte cloutée.

Au n° :  Bâtiment du XVIIe siècle.

Au n° 10 : Revers de l’hôtel des Ambassadeurs de Hollande, à l’aspect très délabré.  Nous en parlerons longuement quand nous serons rue Vieille-du-Temple, au n° 47.

Au n° 14 : Emplacement sur la chaussée, à hauteur de ce numéro, de la tour de l’enceinte de Philippe Auguste. A la fin du XIXe siècle, on trouvait dans le jardin public les fondations de cette enceinte.

Rue des Blancs-Manteaux

       L’oncle : Le nom de cette rue est évocateur, oui, mais de quoi ?

       Le neveu : De moines habillés de blanc, peut-être…

       L’oncle : Rendez-vous à l’église où la réponse sera donnée…

Au n° : Emplacement d’une maison où le chimiste Antoine-François, comte de Fourcroy (1755-1809) habita en 1787. Avec d’autres savants comme Lavoisier et Berthollet, il fut l’un des auteurs de la nomenclature chimique rationnelle en 1787. Il oeuvra aussi à l’organisation de l’enseignement publique.

Au n° 4 à 10 : Emplacement d’un couvent où Saint-Louis installa, en 1258, des moines-mendiants venant de Marseille dits Serfs de la Vierge Marie. Square, aujourd’hui.

Au n° 12 : Église Notre-dame-des-Blancs-Manteaux.

       L’oncle : Cette église porte le nom des moines mendiants (appelés « Serfs de la Vierge Marie ») qui, au Moyen-Age étaient vêtus de longs manteaux blancs. Ils suivaient la Règle de Saint-Augustin et honoraient le mystère de l’Annonciation. À la demande du pape Grégoire X, ces moines mendiants furent supprimés et remplacés par les Ermites de Saint-Guillaume qui suivaient la Règle de Saint-Benoît. Les Parisiens les appelèrent « les Guillemites ». Chose étrange, ces moines portaient de longs manteaux noirs, mais on continua à les appeler du nom de Blancs-Manteaux. Ce couvent fut supprimé en 1790 et vendu sept ans après.

Jusqu’à la Révolution, ce fut un centre d’érudition. Sa bibliothèque représentait un des fonds les plus importants de la Bibliothèque Nationale et des Archives Nationales. Au nom de la Municipalité, elle fut saisie.

À l’origine plusieurs églises furent construites sur cet emplacement. Puis elle furent détruites. De 1685 à 1690, l’église actuelle est reconstruite. C’est le père de Louvois, Michel Le Tellier qui posa la première pierre. En 1863, c’est l’architecte Baltard qui allonge la nef d’une travée et pour la façade remonte pierre à pierre la façade de l’église Saint-Éloi-des-Barnabites qui avait été démolie durant les travaux d’Haussmann de la cité lors du percement du boulevard du palais sur l’île de la Cité. Une particularité : la chaire provient de Belgique ; elle date de 1749, achevée en 1864. En 1929, on a accolé contre le mur oriental de l’église une fontaine.

       Le neveu : Autre particularité, mon oncle : Le mur de Philippe Auguste traverse l’église en sous-sol.

       L’oncle : Bravo ! Je vois que tu as travaillé la question.

Au n° 14 et 16 : Porte classée. Dépendance du Crédit Municipal, celui qu’on appelle communément « Chez ma Tante » situé rue des Francs-Bourgeois. Et qui fera l’objet de la prochaine balade.

Au n° 28 : Immeuble du XVIIe siècle avec une grille de boutique de boulangerie du XVIIIe siècle, en fer forgé avec applique en bronze, gerbe, épis… Restaurant, aujourd’hui.

Au n° 33 : Les bains du Marais offre Hammam, sauna, massages, restaurant, salon de thé, soins de beauté…  « un havre de beauté au cœur du Marais » telles est leur slogan.

Au n° 35 : Immeuble ancien du XVIe siècle. Jadis, il y avait ici une enseigne Au blanc manteau enseigne qui est déposé au musée Carnavalet depuis 1912.

Au n° 40 : Anciennement : La marmite de Vartin qui était une succursale de la cuisine coopérative de la corporation des relieurs et cela juste avant l’année de la Commune de 1871.

 

 

       L’oncle : Nous voici à la fin de cette balade, nous avons encore à étudier un bon nombre de petites rues chargées d’histoire, tu le devines…

       Le neveu : Je serai ton homme, mon oncle !

 

 

Sources :

« Dictionnaire historique des rues de Paris » de Jacques Hillairet.

 « Paris Ouvrier. Des sublimes aux camarades » de Alain Rustenholz Éditions Parigramme

 « Dictionnaire des noms de rues » de Bernard Stéphane.

*Site :  www.an-aparment-in-paris.com

*Site : www.marias.biz/evenements/patrimoine/raoul.htm

Michel Ostertag

Mai 2005