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Les
balades parisiennes de lOncle Jérôme Numéro 3 Autour de Notre-Dame de Paris Troisème partie par Michel Ostertag |
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Oncle
Jérôme jamais fatigué, nous voilà repartis pour dautres découvertes
et toujours dans le même quartier. Aujourdhui, nous continuons dans la
rue
Juste en face, au n° 18, des vestiges de lenceinte gallo-romaine ont été découverts en 1908. A côté, au n° 20, se trouvait une tour du XVè siècle, haute de 15 mètres, dite Tour de Dagobert. A lorigine, elle portait un fanal indiquant lemplacement du port Saint-Landry dont on parlera un peu plus loin dans la rue des Chantres. Avant de quitter cette rue, une dernière histoire sanglante ! Vers la fin du XIVè siècle, le quartier connut une sombre histoire de trafic de chair humaine. A un emplacement de la rue Chanoinesse sélevaient côte à côte la maison dun barbier et celle dun pâtissier, fort renommé pour lexcellence de ses pâtés. Les chanoines voisins du chapitre de Notre-Dame avaient lhabitude de loger des étudiants étrangers. Quand, daventure, lun dentre eux disparaissait, on le croyait victime des truands et ribauds qui pullulaient par ces temps misérables. Or, en 1387, le chien danois dun étudiants allemand disparu attira lattention des condisciples de son maître en aboyant à la mort devant la boutique du barbier. Pressé de questions, celui-ci finit par avouer que, depuis quelques années, il égorgeait des jeunes gens dont il revendait les corps à son voisin et compère.. Du Breul, qui conte lhistoire dans ses Chroniques, précise : « Et de la chair diceluy faisait des pastez qui se trouvaient meilleurs que les aultres, dautant que la chair dhomme est plus délicate, à cause de la nourriture ; que celle des aultres animaux ». Les deux complices furent brûlés vifs, chacun dans une cage de fer. Leurs maisons furent rasées et une petite pyramide commémorative séleva sur le lieu de leurs méfaits. Et pendant plus dun siècle, il y eut dans cette rue, une place vide sur laquelle les propriétaires ne croyaient pas quil fût permis de construire. Ce « lieu maudit » est actuellement occupé par le garage des gardiens de la paix motocyclistes.
-Oui, tu vois, à lépoque, pour fuir les invasions des barbares, les habitants de la rive gauche du fleuve durent abandonner leurs habitations et venir se réfugier dans lîle. Cette muraille était épaisse de 2,5 mètres environ à la base et de 2 mètres au sommet avec une hauteur de 2 mètres de haut. -Pas très haut, en fait. -Tas raison, mais cela devait suffire, je suppose. -De quels matériaux était-elle constituée ? -De deux parements verticaux entre lesquels on avait entassé hâtivement des pierres de toutes sortes. Tiens, regarde, jai apporté la reproduction dun plan que jai pris dans le « Dictionnaire Historique des rues de Paris » de J. Hillairet, notre bible ! On y voit très clairement la situation géographique de lîle de la Cité par rapport à lensemble. On est loin de lurbanisme daujourdhui, hein
-Et sans avoir le soutien du divin, car à cette époque, bien entendu, la cathédrale nexistait pas encore ! Toujours rue de la Colombe, nous voici maintenant au n° 4, ancienne taverne Saint-Nicolas (1250) dont la tonnelle et les portes ont été conservées ; aujourdhui cabaret-restaurant la Colombe. La porte basse était surmontée autrefois dune statue de Saint-Nicolas. En bout de cette rue, sur la droite, la rue des Ursins, cette rue porte ce nom depuis 1881, en souvenir du très bel hôtel des Ursins qui sy trouvait. Il a appartenu à la famille des Ursins de 1403 à 1636 ; qui se disait descendante de la famille italienne Orsini. Au n° 15 : Hôtel de 1899 tenu par les Surs de St-Vincent-de-Paul.
A langle de la rues des Ursins et des Chantres, se situe un très bel hôtel médiéval Renaissance, restauré par larchitecte Fernand Pouillon. (Précisons que larchitecte Pouillon défraya la chronique judiciaire dans les années daprès-guerre dans un escroquerie immobilière au Point-du-jour à Boulogne, il fut condamné à quatre ans de prison en juillet 1963). De la rue des Chantres, on a une vue particulièrement belle sur la flèche de Notre-Dame. Vous remarquerez que la rue des Ursins est en contrebas au quai actuel, la cause en est que cette rue est à lancien niveau des berges de la Seine. Ici était le premier port de Paris, le port Saint-Landry jusquau XIIè siècle, avant laménagement de la grève de lHôtel-de-Ville. -Il faut savoir, précisa lOncle, que la Seine fut pendant de nombreux siècles, la voie qui permettait à la population de Paris de sapprovisionner en vivres, mais pas seulement en vivres, mais aussi en fourrage, en vins, en bois, en pierres à cette époque, cétait vital. Jusquen 1300 environ, Paris neut que trois ports : celui de Saint-Landry, celui-là même qui nous intéresse en ce moment, celui du port de la grève, (lHôtel-de-Ville) et celui de Saint-Gervais. Et à la mort de Louis XIV, le trafic fluvial avait complètement changé, chaque port avait en quelque sorte sa spécialité, par exemple, pour le foin cétait le port devant le Louvre, pour le vin cétait au débouché de la rue des Barres, le blé, cétait également devant le Louvre et à la rue des Barres, tu vois, cétait déjà la spécialisation -La prochaine balade nous amènera, à côté dici, au quai aux Fleurs où nous ferons la connaissance dHéloïse et Abélard, fabuleuse histoire que celle-là ! Sources : En
plus de mes travaux personnels, jai utilisé les ouvrages suivants : Michel
Ostertag
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