
- Bonjour, mon
oncle, nous voici place des Vosges devant le pavillon du Roi.
J'ai préparé un petit exposé sur l'origine de la place. Tu me
diras ce que tu en penses.
Au début, la place
des Vosges s'est appelée de plusieurs noms, comme place Royale, puis place des
Fédérés et, pour finir, place des Vosges. C'était en 1800.
Ce nom lui a été donné en hommage au département des Vosges qui
fut le premier de tous les départements à acquitter l'ensemble
de ses impôts. Comme quoi, qui paie ses impôts...
- Il faut le croire
! Physiquement, si j'ose dire, on peut supposer que la place ne
fut pas toujours ainsi ?
- En effet, mon
oncle, à son origine, cela remonte au XIVe siècle, le chancelier
de France, Pierre d'Orgemont, fit bâtir sur le flanc Nord de la
place, c'est-à-dire ici même, une vaste demeure appelée Hôtel des Tournelles. Rapidement
cet hôtel devint propriété de la Couronne sous le nom de Maison royale des Tournelles. Cette demeure
fut habitée par les rois de France Louis XI, Charles VIII, Louis
XII, François Ier. Le dernier des rois à l'habiter fut Henri II
qui y décéda le 10 juillet 1559 après le tournoi meurtrier contre
Gabriel de Montmorency, tournoi qui avait eu lieu le 29 juin précédent.
Le tournoi eut lieu devant le 62 de la rue Saint-Antoine, c'est-à-dire
devant l'Hôtel de Sully.
À sa mort, sa veuve Catherine de Médicis prit en horreur ce palais
et préféra le Louvre. Elle en
ordonna la démolition en
1563. Aujourd'hui, il n'en reste rien ! L'emplacement de cet hôtel
comprenait les rues actuelles : Au nord, la rue Saint-Gilles,
de chaque côté la rue des Tournelles à l'est, et la rue de Turenne
à l'ouest et au sud la rue Saint-Antoine, ce qui représente une
énorme superficie... L'entrée du domaine était impasse Guéménée,
vers la rue Saint-Antoine. Tout fut détruit, les fossés ont été
comblés, plus une pierre ne resta l'une sur l'autre...
- Hugo a écrit,
quelque par, que "c'est
grâce au coup de lance de Montgomery que la place des Vosges a
été créée".
- Vrai, bien sûr
! Et puis si Hugo l'a dit ... Sur son emplacement, on ouvrit un
marché aux chevaux, marché qui devint très important, n'oublions
pas qu'à cette époque le cheval était par excellence le moyen
de se déplacer. Tous les samedis, le marché avait lieu et près
de 2000 chevaux faisaient l'objet de transactions. Ce lieu était
devenu l'endroit privilégié de duels sanglants, comme celui qui
eut lieu en 1578, entre trois mignons d'Henri III contre trois
partisans d'Henri de Guise et qui se solda par autant de morts
ou de blessés graves que de participants.
- Nous sommes en
pleins dans les romans d'Alexandre Dumas...
- Cet emplacement
servait également comme champ de manoeuvres aux soldats du roi.
En 1605, le roi Henri IV, eut l'idée de modifier la fonction de
cet emplacement : comme le marché aux chevaux était devenu, au
fil des années, une vraie cour des miracles, il voulut y implanter
une manufacture de soie de fil d'argent à la façon des Milanais.
Il fit venir 200 ouvriers d'Italie qu'il installa ici. Mais cette
idée ne prit pas son essor car Paris n'offrait pas suffisamment
de divertissements, les débouchés de la production ne trouvèrent
pas une clientèle suffisante.

Le roi changea d'avis et demanda à l'architecte Androuet du Cerceau (qui fut rejoint par Claude Chastillon) de
concevoir une vaste place dont il se proposa de faire bâtir, à
son compte, un pavillon sur le côté sud de la place, c'est-à-dire
côté rue Saint-Antoine. Il offrit à la noblesse les terrains constitutifs
de la future place avec pour seule obligation de respecter le
cahier des charges de ces architectes: choix des matériaux (briques
et pierres blanches, combles en ardoises, plomb ouvragé) hauteurs
des pavillons (à noter que les pavillons du roi et de la reine
sont les plus hauts de tous et il me semble que celui du roi est
plus haut que celui de la reine.) Ces pavillons sont construits
sur des arcades de façon à former des galeries. Le lotissement
s'ouvrit en juin 1605. Au total ce furent 36 pavillons qui ont
été construits, 9 pavillons sur chacun des quatre côtés.

Henri IV
ne vit pas l'achèvement de la place, il fut assassiné avant. En
effet, il fut tué le 14 mai 1610 et la place fut inaugurée en
avril 1612. On cumula l'achèvement de la place avec le mariage
du roi Louis XIII avec Anne d'Autriche et le mariage de sa soeur
Élisabeth avec l'Infant d'Espagne, le futur Philippe IV. Ce qui
fut l'occasion d'un carrousel magnifique. Bien évidemment, il
n'y eut pas de tournoi, mais des ballets de cavaliers, des musiciens,
les canons de la Bastilles tonnèrent. Tout cela devant 10 000
spectateurs...Le soir, une retraite aux flambeaux avec 1300 cavaliers,
chars, trompettes... 4 000 fusées furent tirées du haut de la
Bastille en guise de feu d'artifice...
- N'oublions pas
que la Bastille est toute proche... Regardons de près les différents
pavillons... Deux pavillons se font face : le pavillon du
Roi et le pavillon de la Reine. Pour les identifier, il suffit
de s'orienter avec la statue équestre du roi Louis XIII : le roi
porte son regard vers le sud, vers le pavillon du roi, le pavillon
de son père Henri IV, il tourne donc le dos au pavillon de la
Reine, situé au nord.
- Est-ce que ma
façon de dire, mon oncle, ne t'embrouille pas trop la tête ?
- Non, non, ta
façon de faire est excellente, car autrement on est perdu, à moins
d'avoir dans sa poche une boussole !
- C'est vrai !
Ces pavillons sont les seuls de cette hauteur, tous les autres
sont moins hauts. La numérotation est bizarre, d'un côté de la
place les nombres sont pairs et de l'autres les numéros impairs.
La numérotation commence au pavillon du Roi. Quand on regarde
celui-ci, les numéros impairs partent sur la droite et les numéros
pairs vers la gauche. Ces deux numérotations se terminent au pavillon
de la Reine.

Cette statue
du roi remplace celle qui datait de 1639 et qui fut fondue sous
la Révolution. Elle est en marbre blanc de Cortot et Dupaty. Elle
fut élevée en novembre 1829.
- Tu sais, mon neveu,
il y a un détail qui me revient. J'ai lu, un jour, qu'un historien,
(ça se passait en 1750 environ), proposa qu'on démolisse les deux
pavillons, celui du roi et celui de la reine, de façon que la
statue équestre de Louis XIII soit visible des rues de Minimes
et St-Antoine.
- Ah bon ! quel
gâchis que cela aurait été, tu imagines ! Un dernier mot sur le
square Louis XIII avant d'attaquer les pavillons. Le jardin est
protégé par une grille baroque qui a été posée en 1685; quant
aux arbres ils datent de 1783. À remarquer la triple rangée de
ceux-ci. La grille a été remplacée en 1839. Les quatre fontaines
sont de Ménager. Il faut parler aussi des voûtes et de l'excellente
acoustique qu'elles peuvent procurer. Les musiciens au moment
de la Fête de la musique le savent bien car ils viennent en grand
nombre exercer leur talent.
Au n° 1
: Le pavillon du Roi fut construit aux frais de la Couronne. Il a été
achevé en 1608. Trois arcades le soutiennent; remarquons que ces
arcades sont plus hautes que toutes les autres de la place. Il
faut savoir que le Roi n'habita jamais ici, mais seulement son
"concierge". À la Révolution, ce pavillon fut vendu
comme bien national. La façade est magnifiquement décorée, un
médaillon du bon roi trône au milieu.

Au n° 1 bis : Hôtel construit
en 1606. Ici naquit le 6 février 1626, Marie de Rabutin-Chantal
marquise
de Sévigné. Elle résida jusqu'à l'âge de 10 ans dans cette
demeure. À 17 ans, elle épousa le marquis de Sévigné qui devait
être tué en duel sept ans après. Sa jeunesse avait été douloureuse
: à deux ans, elle perdit son père en combattant les Anglais et,
à sept ans, elle perdit sa mère.

Au n° 3
: Hôtel construit en 1613 par Nicolas Le Gras sur des vestiges
des Écuries de l'Hôtel de
Tournelles. Nicolas Le Gras était le secrétaire des commandements
de la maison d'Autriche. Au début du XIXe siècle, cet hôtel appartint
à l'ébéniste Lenoir qui le garda jusqu'en 1812. Regarde ce très
beau balcon.

Au n° 5 : Hôtel Caillebot de La Salle,
de 1607. Il a été habité en 1631 par deux dames d'honneur de Marie
de Médicis : Anne Donie qui fut mariée à Louis de Rochechouart
et Madeleine de Souvré qui fut mariée au fils du maréchal de Sablé.
Plus près de nous, le fondateur du musée Carnavalet, Jules Cousin
mourut dans cet hôtel en 1899, à l'âge de 69 ans.

Au n° 7 : Hôtel construit par Sully
de 1634 à 1641 comme annexe de son propre hôtel de la
rue Saint-Antoine. La communication des deux hôtels se faisait
par le jardin. Ces deux hôtels ne furent séparés seulement qu'en
1859. Il a été acheté par la Ville de Paris.
Au n° 9 : Hôtel de Chaulnes, de 1607. Construit
pour le conseiller du roi Pierre Gougeu-Descure. Ici, logea le
roi Louis XIII pendant les fêtes d'inauguration de la place. Les
héritiers vendirent cet hôtel, en 1619, au duc de Chaulnes, maréchal
et pair de France qui mourut ici en 1649. En 1856, la comédienne
Rachel loua l'appartement du 1er
étage, à droite. Elle avait alors 35 ans et elle devait mourir
deux ans après au Cannet. Son corps fut ramené ici pour être enterrée
au Père-Lachaise. Une foule considérable assista à la vente aux
enchères de ses meubles, bijoux et vêtements. Une école américaine
des beaux-arts et des arts appliqués fut fondée ici en 1922.
Au n° 11 : Hôtel qui a appartenu à Pierre Fougeu-Descures
qui eut comme locataire de 1639 à 1648, Marion Delorme. Elle est
connue par le drame de Victor Hugo. Née en 1611, morte en 1650,
à 39 ans. Célèbre autant par sa beauté que par son esprit, elle
fut la maîtresse - pour les plus connus - de Cinq-Mars, de Buckingham,
de Condé et de Richelieu (ce qui n'est pas certain). Elle a été
compromise dans les troubles de la Fronde, il semblerait qu'elle
se soit empoisonnée.
Au n° 13 : Hôtel de Rochebaron, marquis de Villequier,
duc D'Aumont. Il appartint ensuite au duc Louis de Rohan-Chabot
jusqu'en 1764.
Au n° 15 : Propriété de Rohan-Chabot déjà propriétaire
du n° 13.
Au n° 17 : Hôtel de Nicolas Le Jay, lieutenant
civil. Bossuet a été locataire
ici de 1678 à 1682.
Au n° 19 : Hôtel de Montbrun. À l'origine un
capitaine des gardes en fut propriétaire. Cet hôtel fut légué
à l'Assistance publique en 1852. Actuellement une reconstruction
est en cours de l'aile nord, celle qui longe la rue des Francs-Bourgeois.
Au n° 21 : Cet hôtel passe pour avoir été habité
par le cardinal de Richelieu, ce qui n'a pas été établi. Par contre,
c'est bien son petit-neveu, le duc Armand-Jean du Plessis de Richelieu,
général des galères qui l'acquit en 1659. Alphonse Daudet habita ici, dans la
cour, en 1877.
Au n° 23 : À partir de 1624, cet hôtel appartint
à la fille de Marie Tronchet, qui fut la maîtresse de Charles
IX.

Au n° 25 : Propriété de 1641 du conseiller d'État
Pierre Gobelin du Quesnoy, qui ressentit une passion pour Madame
de Montespan, passion non réciproque. Pour lui prouver son amour,
il mit le feu à son hôtel...
- Nous
voici maintenant rendus au pavillon de la Reine. Il a été construit
aux frais des fermiers de la gabelle. Sur la façade, on voit un
médaillon représentant un soleil, qui était l'emblème des Médicis.
Il est parfaitement symétrique au pavillon du Roi. Il a appartenu
au financier Michel Porticelli d'Emery, puis au duc de Rohan,
puis au maréchal d'Aumont.

Au n° 28 : Un hôtel commercial de prestige :
Hôtel de la Reine.
Au N° 26 : Hôtel datant de 1630. Il a appartenu
à l'épouse de Blérancourt qui fut conseiller d'État et vice-amiral.
Le prince de Soubise, François de Rohan l'habita en 1701. Il a
été habité également par l'archevêque d'Athènes, nonce apostolique
à Paris et aussi par un disciple de Jean Jacques Rousseau, Etienne
Pivert de Senancourt (1770-1846). Un plancher à la française y
fut découvert en 1977.
- Je viens de lire
que Georges Simenon a vécu ici en 1923, il avait juste vingt ans
et il venait de se marier. Il habita d'abord au rez-de-chaussée,
puis, au deuxième étage un appartement plus cossu.
- C'est vrai, mon
oncle, que Simenon a beaucoup voyagé et qu'il a habité de nombreux
endroits dans le monde.
Au n° 24 : Un locataire connu : le maréchal
de Vitry, l'assassin du maréchal d'Ancre. En 1704, il a appartenu
à un autre maréchal de France, duc de Boufflers.
- Raconte-moi, mon
oncle, cette histoire d'assassinat, car je ne comprends pas très
bien.
- L'épouse de Henri
IV, Catherine de Médicis avait comme suivante une italienne qui
l'avait suivie en France, Léonora Galigaï. Elle usa de la grande
influence qu'elle avait sur la reine pour faire la fortune de
son mari, Concini. À la mort du roi, elle réussit à
faire nommer son mari maréchal de France et marquis d'Ancre.
Concini exerça le pouvoir avec avidité et tyrannie. Il amassa
une fortune considérable. Le jeune roi Louis XIII ordonna son
arrestation et il fut tué par le capitaine des gardes, Vitry.
Les biens de Concini furent donnés au duc de Luynes, l'ami
du roi. La Galigaï fut elle aussi arrêtée et exécutée pour sorcellerie.
Vitry était duc, son nom est Nicolas de L'Hospital, maréchal de
France (1581-1644). Il fut, par la suite, embastillé par Richelieu.
Au n° 22 : En 1605, hôtel du contrôleur général
du commerce Laffémas dont le fils fut le plus dévoué agent de
Richelieu. En 1720, le marquis d'Argenson en fut propriétaire.
- Un mot, si tu
veux bien, sur la famille d'Argenson...
- Bien sûr, mon
oncle.
- La famille d'Argenson comprend un certain
nombre d'hommes politiques à partir du XVIe siècle. Celui qui
nous intéresse doit être René-Louis, marquis d'Argenson (1694-1757),
surnommé Argenson la bête. Il a été ministre des
Affaires étrangères de 1744 à 1747 où il mena une politique antiautrichienne.
Il était l'ami de Voltaire.
Au n° 20 : Propriété du conseiller d'État Gaspard
de Fieubert, puis à son gendre, le marquis de Maisons.
Au n° 18 : Hôtel de Marguerite de Béthune, duchesse
Henri de Rohan, fille de Sully. Mariée à neuf ans, sa conduite
fut légère, elle eut de nombreux amants d'autant qu'elle les payait
! De ses neuf enfants, une seule fille survécut qui épousa son
amant Henri de Chabot et fondèrent la dynastie des
Rohan-Chabot. De ces fenêtres, la duchesse de Longueville suivit
le duel de décembre 1643 entre Henri de Guise et de Coligny.
Au n° 16 : Hôtel du président au Parlement Nicolas
de Videville.
Au n° 14 : Hôtel de Villedeuil. Hôtel de 1605 ayant appartenu au trésorier
de l'épargne, puis d'un conseiller au Parlement, et ensuite à
l'abbé Louis de la Rivière, favori du duc d'Orléans, évêque de
Langres. Une fois propriétaire de cet hôtel, il l'agrandit en
achetant une maison située au n° 22bis de la rue de Tournelles.
Le Vau fut chargé des transformations et ce sont les peintres
Lebrun, Mignard, Girard pour ne citer que les principaux, qui
le décorèrent. Puis, longtemps après il fut acheté par la Ville
en 1819. Une mairie s'y installa jusqu'en 1860. Cette même année,
une école y fut aménagée jusqu'en 1866 et ensuite le lieu devint
logis du grand rabbin du temple israélite que nous avons étudié
au cours de la balade n°22, rue des Tournelles. Une horloge et
un campanile furent ajoutés à cet hôtel. Les plafonds ont été
démontés et préservés au musée Carnavalet.
Au n° 12 : Le propriétaire, en 1647, Jérôme
de Nouveau fit peindre les plafonds par Lebrun et Lesueur. La
Ville, en 1841, devint locataire pour y installer une école maternelle,
puis, en 1896 l'acheta.
Au N° 10 : Hôtel de 1605. Habité par l'ingénieur
typographe Claude Chastillon qui, avec Androuet du Cerceau conçut
le plan de cette place. Y habita, le marquis de Cascarez, ambassadeur
du roi Jean IV du Portugal. On dit de lui qu'il fut le plus magnifique
habitant de la place.
Au n° 8 : Hôtel du conseiller d'État Jean de
Fourcy, en 1605. Propriété de Paul Firmin-Didot, en 1863. Théophile
Gautier habita au second étage de 1831 à 1834. C'est ici qu'il
écrivit Maupin. Alphonse Daudet lui succéda.
Au n° 6 : En 1605, hôtel de l'intendant Arnaud
et de son beau-père, le secrétaire des finances Lhoste. En 1637,
l'hôtel appartint à Louis de Rohan, prince de Guéménée. L'hôtel
resta dans cette famille jusqu'en 1784. C'était le plus vaste
hôtel de la place. Victor
Hugo y habita de 1832 à 1848. Il était voisin de Juliette
Drouet qui habitait au n°12 de la rue Sainte-Anastase. On dit
que pour s'éclipser plus facilement du logis familial, il empruntait
une sortie dérobée qui donnait dans sa chambre et par un étroit
escalier pouvait regagner, sans être vu, l'impasse Guéménée et rejoindre la boulangère
de la rue du Petit-Musc dans l'hôtel meublé de la Herse d'Or situé au 35 de cette même rue.
Comme au moment
de la Révolution de 1848, l'hôtel faillit brûler par les insurgés,
Hugo préféra déménager. Une pension s'installa dans les lieux
jusqu'en 1873 date à laquelle la Ville acquit l'hôtel pour y installer
une école municipale. Le Musée
Victor Hugo fut inauguré en 1903. Au fil des années il
s'enrichit de différents legs. Pour tous les hugolâtres, c'est
devenu un lieu de pèlerinage. Ici, il écrivit Ruy
Blas, les Burgraves, Marie Tudor, Lucrèce Borgia etc.
Au n° 4 : Propriété du baron de Marolles en
1621. Le marquis de Favras l'habita en 1776-1790. Impliqué dans un complot pour l'enlèvement de Louis XVI et de vouloir
assassiner Bailly, Necker et La Fayette, il fut condamné à être
pendu. On raconte qu'au cours de l'exécution le bourreau lui lança
cette apostrophe restée célèbre : " Et maintenant, saute,
marquis !".
En 1820, le comte
Portalis (1778-1858) habita cet hôtel.
- J'ai regardé
l'histoire de cet homme politique. Après avoir été secrétaire
des Cultes, puis directeur général de l'imprimerie sous l'Empire,
conseiller à la Cour de cassation et pair sous la Restauration,
il fut ministre des affaires étrangères en 1828 pendant une seule
année. Napoléon III le mit à la retraite tout en le nommant sénateur
!
Au n° 2 : Hôtel loué au maréchal de Choiseul,
puis loué au comte de Boisgelin au moment de la Révolution. Façade
très dégradée.
Au n° 2 bis
: Façade restaurée.
- Voilà, mon oncle,
c'est fini pour aujourd'hui, j'aurais pu faire plus long, il y
a tant de choses encore à dire et à voir...
- Mon neveu, bravo
! Je suis très heureux de ton travail. Tu as vu que je n'ai pas
bronché quand tu as continué sur ta lancée à parler des numéros
impairs, normalement, d'après notre accord, c'était à moi de m'y
"coller"...
- Oui, mais j'ai
vite compris que tu voulais que j'aille jusqu'au bout et, finalement,
j'ai préféré.