Les balades parisiennes de l’Oncle Jérôme

Vingt-troisième balade
Autour de la Bastille

par Michel Ostertag

SOMMAIRE DES BALADES

  

Place des Vosges         

- Bonjour, mon oncle, nous voici place des Vosges devant le pavillon du Roi. J'ai préparé un petit exposé sur l'origine de la place. Tu me diras ce que tu en penses.

Au début, la place des Vosges s'est appelée de plusieurs noms, comme place Royale, puis place des Fédérés et, pour finir, place des Vosges. C'était en 1800. Ce nom lui a été donné en hommage au département des Vosges qui fut le premier de tous les départements à acquitter l'ensemble de ses impôts. Comme quoi, qui paie ses impôts...

- Il faut le croire ! Physiquement, si j'ose dire, on peut supposer que la place ne fut pas toujours ainsi ?

     - En effet, mon oncle, à son origine, cela remonte au XIVe siècle, le chancelier de France, Pierre d'Orgemont, fit bâtir sur le flanc Nord de la place, c'est-à-dire ici même, une vaste demeure appelée Hôtel des Tournelles.  Rapidement cet hôtel devint propriété de la Couronne sous le nom de Maison royale des Tournelles. Cette demeure fut habitée par les rois de France Louis XI, Charles VIII, Louis XII, François Ier. Le dernier des rois à l'habiter fut Henri II qui y décéda le 10 juillet 1559 après le tournoi meurtrier contre Gabriel de Montmorency, tournoi qui avait eu lieu le 29 juin précédent. Le tournoi eut lieu devant le 62 de la rue Saint-Antoine, c'est-à-dire devant l'Hôtel de Sully. À sa mort, sa veuve Catherine de Médicis prit en horreur ce palais et préféra le Louvre. Elle  en ordonna la démolition  en 1563. Aujourd'hui, il n'en reste rien ! L'emplacement de cet hôtel comprenait les rues actuelles : Au nord, la rue Saint-Gilles, de chaque côté la rue des Tournelles à l'est, et la rue de Turenne à l'ouest et au sud la rue Saint-Antoine, ce qui représente une énorme superficie... L'entrée du domaine était impasse Guéménée, vers la rue Saint-Antoine. Tout fut détruit, les fossés ont été comblés, plus une pierre ne resta l'une sur l'autre...

     - Hugo a écrit, quelque par, que "c'est grâce au coup de lance de Montgomery que la place des Vosges a été créée".

- Vrai, bien sûr ! Et puis si Hugo l'a dit ... Sur son emplacement, on ouvrit un marché aux chevaux, marché qui devint très important, n'oublions pas qu'à cette époque le cheval était par excellence le moyen de se déplacer. Tous les samedis, le marché avait lieu et près de 2000 chevaux faisaient l'objet de transactions. Ce lieu était devenu l'endroit privilégié de duels sanglants, comme celui qui eut lieu en 1578, entre trois mignons d'Henri III contre trois partisans d'Henri de Guise et qui se solda par autant de morts ou de blessés graves que de participants.

     - Nous sommes en pleins dans les romans d'Alexandre Dumas...

- Cet emplacement servait également comme champ de manoeuvres aux soldats du roi. En 1605, le roi Henri IV, eut l'idée de modifier la fonction de cet emplacement : comme le marché aux chevaux était devenu, au fil des années, une vraie cour des miracles, il voulut y implanter une manufacture de soie de fil d'argent à la façon des Milanais. Il fit venir 200 ouvriers d'Italie qu'il installa ici. Mais cette idée ne prit pas son essor car Paris n'offrait pas suffisamment de divertissements, les débouchés de la production ne trouvèrent pas une clientèle suffisante.

Le roi changea d'avis et demanda à l'architecte Androuet du Cerceau (qui fut rejoint par Claude Chastillon) de concevoir une vaste place dont il se proposa de faire bâtir, à son compte, un pavillon sur le côté sud de la place, c'est-à-dire côté rue Saint-Antoine. Il offrit à la noblesse les terrains constitutifs de la future place avec pour seule obligation de respecter le cahier des charges de ces architectes: choix des matériaux (briques et pierres blanches, combles en ardoises, plomb ouvragé) hauteurs des pavillons (à noter que les pavillons du roi et de la reine sont les plus hauts de tous et il me semble que celui du roi est plus haut que celui de la reine.) Ces pavillons sont construits sur des arcades de façon à former des galeries. Le lotissement s'ouvrit en juin 1605. Au total ce furent 36 pavillons qui ont été construits, 9 pavillons sur chacun des quatre côtés.


Henri IV ne vit pas l'achèvement de la place, il fut assassiné avant. En effet, il fut tué le 14 mai 1610 et la place fut inaugurée en avril 1612. On cumula l'achèvement de la place avec le mariage du roi Louis XIII avec Anne d'Autriche et le mariage de sa soeur Élisabeth avec l'Infant d'Espagne, le futur Philippe IV. Ce qui fut l'occasion d'un carrousel magnifique. Bien évidemment, il n'y eut pas de tournoi, mais des ballets de cavaliers, des musiciens, les canons de la Bastilles tonnèrent. Tout cela devant 10 000 spectateurs...Le soir, une retraite aux flambeaux avec 1300 cavaliers, chars, trompettes... 4 000 fusées furent tirées du haut de la Bastille en guise de feu d'artifice...

- N'oublions pas que la Bastille est toute proche... Regardons de près les différents pavillons... Deux pavillons se font face : le pavillon du Roi et le pavillon de la Reine. Pour les identifier, il suffit de s'orienter avec la statue équestre du roi Louis XIII : le roi porte son regard vers le sud, vers le pavillon du roi, le pavillon de son père Henri IV, il tourne donc le dos au pavillon de la Reine, situé au nord.

- Est-ce que ma façon de dire, mon oncle, ne t'embrouille pas trop la tête ?

- Non, non, ta façon de faire est excellente, car autrement on est perdu, à moins d'avoir dans sa poche une boussole !

- C'est vrai ! Ces pavillons sont les seuls de cette hauteur, tous les autres sont moins hauts. La numérotation est bizarre, d'un côté de la place les nombres sont pairs et de l'autres les numéros impairs. La numérotation commence au pavillon du Roi. Quand on regarde celui-ci, les numéros impairs partent sur la droite et les numéros pairs vers la gauche. Ces deux numérotations se terminent au pavillon de la Reine.

Cette statue du roi remplace celle qui datait de 1639 et qui fut fondue sous la Révolution. Elle est en marbre blanc de Cortot et Dupaty. Elle fut élevée en novembre 1829.

     - Tu sais, mon neveu, il y a un détail qui me revient. J'ai lu, un jour, qu'un historien, (ça se passait en 1750 environ), proposa qu'on démolisse les deux pavillons, celui du roi et celui de la reine, de façon que la statue équestre de Louis XIII soit visible des rues de Minimes et St-Antoine.

     - Ah bon ! quel gâchis que cela aurait été, tu imagines ! Un dernier mot sur le square Louis XIII avant d'attaquer les pavillons. Le jardin est protégé par une grille baroque qui a été posée en 1685; quant aux arbres ils datent de 1783. À remarquer la triple rangée de ceux-ci. La grille a été remplacée en 1839. Les quatre fontaines sont de Ménager. Il faut parler aussi des voûtes et de l'excellente acoustique qu'elles peuvent procurer. Les musiciens au moment de la Fête de la musique le savent bien car ils viennent en grand nombre exercer leur talent.

Au n° 1 : Le pavillon du Roi fut construit aux frais de la Couronne. Il a été achevé en 1608. Trois arcades le soutiennent; remarquons que ces arcades sont plus hautes que toutes les autres de la place. Il faut savoir que le Roi n'habita jamais ici, mais seulement son "concierge". À la Révolution, ce pavillon fut vendu comme bien national. La façade est magnifiquement décorée, un médaillon du bon roi trône au milieu.

     Au n° 1 bis : Hôtel construit en 1606. Ici naquit le 6 février 1626, Marie de Rabutin-Chantal marquise de Sévigné. Elle résida jusqu'à l'âge de 10 ans dans cette demeure. À 17 ans, elle épousa le marquis de Sévigné qui devait être tué en duel sept ans après. Sa jeunesse avait été douloureuse : à deux ans, elle perdit son père en combattant les Anglais et, à sept ans, elle perdit sa mère.

Au n° 3 : Hôtel construit en 1613 par Nicolas Le Gras sur des vestiges des Écuries de l'Hôtel de Tournelles. Nicolas Le Gras était le secrétaire des commandements de la maison d'Autriche. Au début du XIXe siècle, cet hôtel appartint à l'ébéniste Lenoir qui le garda jusqu'en 1812. Regarde ce très beau balcon.

     Au n° : Hôtel Caillebot de La Salle, de 1607. Il a été habité en 1631 par deux dames d'honneur de Marie de Médicis : Anne Donie qui fut mariée à Louis de Rochechouart et Madeleine de Souvré qui fut mariée au fils du maréchal de Sablé. Plus près de nous, le fondateur du musée Carnavalet, Jules Cousin mourut dans cet hôtel en 1899, à l'âge de 69 ans.

Au n° 7 : Hôtel construit par Sully de 1634 à 1641 comme annexe de son propre hôtel de la rue Saint-Antoine. La communication des deux hôtels se faisait par le jardin. Ces deux hôtels ne furent séparés seulement qu'en 1859. Il a été acheté par la Ville de Paris.

     Au n° 9 : Hôtel de Chaulnes, de 1607. Construit pour le conseiller du roi Pierre Gougeu-Descure. Ici, logea le roi Louis XIII pendant les fêtes d'inauguration de la place. Les héritiers vendirent cet hôtel, en 1619, au duc de Chaulnes, maréchal et pair de France qui mourut ici en 1649. En 1856, la comédienne Rachel loua l'appartement du 1er étage, à droite. Elle avait alors 35 ans et elle devait mourir deux ans après au Cannet. Son corps fut ramené ici pour être enterrée au Père-Lachaise. Une foule considérable assista à la vente aux enchères de ses meubles, bijoux et vêtements. Une école américaine des beaux-arts et des arts appliqués fut fondée ici en 1922.

Au n° 11 : Hôtel qui a appartenu à Pierre Fougeu-Descures qui eut comme locataire de 1639 à 1648, Marion Delorme. Elle est connue par le drame de Victor Hugo. Née en 1611, morte en 1650, à 39 ans. Célèbre autant par sa beauté que par son esprit, elle fut la maîtresse - pour les plus connus - de Cinq-Mars, de Buckingham, de Condé et de Richelieu (ce qui n'est pas certain). Elle a été compromise dans les troubles de la Fronde, il semblerait qu'elle se soit empoisonnée.

Au n° 13 : Hôtel de Rochebaron, marquis de Villequier, duc D'Aumont. Il appartint ensuite au duc Louis de Rohan-Chabot jusqu'en 1764.

Au n° 15 : Propriété de Rohan-Chabot déjà propriétaire du n° 13.

Au n° 17 : Hôtel de Nicolas Le Jay, lieutenant civil. Bossuet  a été locataire ici de 1678 à 1682.

Au n° 19 : Hôtel de Montbrun. À l'origine un capitaine des gardes en fut propriétaire. Cet hôtel fut légué à l'Assistance publique en 1852. Actuellement une reconstruction est en cours de l'aile nord, celle qui longe la rue des Francs-Bourgeois.

Au n° 21 : Cet hôtel passe pour avoir été habité par le cardinal de Richelieu, ce qui n'a pas été établi. Par contre, c'est bien son petit-neveu, le duc Armand-Jean du Plessis de Richelieu, général des galères qui l'acquit en 1659. Alphonse Daudet habita ici, dans la cour, en 1877.

Au n° 23 : À partir de 1624, cet hôtel appartint à la fille de Marie Tronchet, qui fut la maîtresse de Charles IX.

Au n° 25 : Propriété de 1641 du conseiller d'État Pierre Gobelin du Quesnoy, qui ressentit une passion pour Madame de Montespan, passion non réciproque. Pour lui prouver son amour, il mit le feu à son hôtel...

- Nous voici maintenant rendus au pavillon de la Reine. Il a été construit aux frais des fermiers de la gabelle. Sur la façade, on voit un médaillon représentant un soleil, qui était l'emblème des Médicis. Il est parfaitement symétrique au pavillon du Roi. Il a appartenu au financier Michel Porticelli d'Emery, puis au duc de Rohan, puis au maréchal d'Aumont.

     Au n° 28 : Un hôtel commercial de prestige : Hôtel de la Reine.

Au N° 26 : Hôtel datant de 1630. Il a appartenu à l'épouse de Blérancourt qui fut conseiller d'État et vice-amiral. Le prince de Soubise, François de Rohan l'habita en 1701. Il a été habité également par l'archevêque d'Athènes, nonce apostolique à Paris et aussi par un disciple de Jean Jacques Rousseau, Etienne Pivert de Senancourt (1770-1846). Un plancher à la française y fut découvert en 1977.

- Je viens de lire que Georges Simenon a vécu ici en 1923, il avait juste vingt ans et il venait de se marier. Il habita d'abord au rez-de-chaussée, puis, au deuxième étage un appartement plus cossu.

- C'est vrai, mon oncle, que Simenon a beaucoup voyagé et qu'il a habité de nombreux endroits dans le monde.

     Au n° 24 : Un locataire connu : le maréchal de Vitry, l'assassin du maréchal d'Ancre. En 1704, il a appartenu à un autre maréchal de France, duc de Boufflers.

     - Raconte-moi, mon oncle, cette histoire d'assassinat, car je ne comprends pas très bien.

     - L'épouse de Henri IV, Catherine de Médicis avait comme suivante une italienne qui l'avait suivie en France, Léonora Galigaï. Elle usa de la grande influence qu'elle avait sur la reine pour faire la fortune de son mari, Concini. À la mort du roi, elle réussit à  faire nommer son mari maréchal de France et marquis d'Ancre. Concini exerça le pouvoir avec avidité et tyrannie. Il amassa une fortune considérable. Le jeune roi Louis XIII ordonna son arrestation et il fut tué par le capitaine des gardes, Vitry.  Les biens de Concini furent donnés au duc de Luynes, l'ami du roi. La Galigaï fut elle aussi arrêtée et exécutée pour sorcellerie. Vitry était duc, son nom est Nicolas de L'Hospital, maréchal de France (1581-1644). Il fut, par la suite, embastillé par Richelieu.

     Au n° 22 : En 1605, hôtel du contrôleur général du commerce Laffémas dont le fils fut le plus dévoué agent de Richelieu. En 1720, le marquis d'Argenson en fut propriétaire.

     - Un mot, si tu veux bien, sur la famille d'Argenson...

- Bien sûr, mon oncle.

     - La famille d'Argenson comprend un certain nombre d'hommes politiques à partir du XVIe siècle. Celui qui nous intéresse doit être René-Louis, marquis d'Argenson (1694-1757), surnommé Argenson la bête. Il a été ministre des Affaires étrangères de 1744 à 1747 où il mena une politique antiautrichienne. Il était l'ami de Voltaire.

     Au n° 20 : Propriété du conseiller d'État Gaspard de Fieubert, puis à son gendre, le marquis de Maisons.

     Au n° 18 : Hôtel de Marguerite de Béthune, duchesse Henri de Rohan, fille de Sully. Mariée à neuf ans, sa conduite fut légère, elle eut de nombreux amants d'autant qu'elle les payait ! De ses neuf enfants, une seule fille survécut qui épousa son amant  Henri de Chabot et fondèrent la dynastie des Rohan-Chabot. De ces fenêtres, la duchesse de Longueville suivit le duel de décembre 1643 entre Henri de Guise et de Coligny.

     Au n° 16 : Hôtel du président au Parlement Nicolas de Videville.

     Au n° 14 : Hôtel de Villedeuil. Hôtel de 1605 ayant appartenu au trésorier de l'épargne, puis d'un conseiller au Parlement, et ensuite à l'abbé Louis de la Rivière, favori du duc d'Orléans, évêque de Langres. Une fois propriétaire de cet hôtel, il l'agrandit en achetant une maison située au n° 22bis de la rue de Tournelles. Le Vau fut chargé des transformations et ce sont les peintres Lebrun, Mignard, Girard pour ne citer que les principaux, qui le décorèrent. Puis, longtemps après il fut acheté par la Ville en 1819. Une mairie s'y installa jusqu'en 1860. Cette même année, une école y fut aménagée jusqu'en 1866 et ensuite le lieu devint logis du grand rabbin du temple israélite que nous avons étudié au cours de la balade n°22, rue des Tournelles. Une horloge et un campanile furent ajoutés à cet hôtel. Les plafonds ont été démontés et préservés au musée Carnavalet. 

     Au n° 12 : Le propriétaire, en 1647, Jérôme de Nouveau fit peindre les plafonds par Lebrun et Lesueur. La Ville, en 1841, devint locataire pour y installer une école maternelle, puis, en 1896 l'acheta.

     Au N° 10 : Hôtel de 1605. Habité par l'ingénieur typographe Claude Chastillon qui, avec Androuet du Cerceau conçut le plan de cette place. Y habita, le marquis de Cascarez, ambassadeur du roi Jean IV du Portugal. On dit de lui qu'il fut le plus magnifique habitant de la place.

Au n° 8 : Hôtel du conseiller d'État Jean de Fourcy, en 1605. Propriété de Paul Firmin-Didot, en 1863. Théophile Gautier habita au second étage de 1831 à 1834. C'est ici qu'il écrivit Maupin. Alphonse Daudet lui succéda.   

Au n° 6 : En 1605, hôtel de l'intendant Arnaud et de son beau-père, le secrétaire des finances Lhoste. En 1637, l'hôtel appartint à Louis de Rohan, prince de Guéménée. L'hôtel resta dans cette famille jusqu'en 1784. C'était le plus vaste hôtel de la place. Victor Hugo y habita de 1832 à 1848. Il était voisin de Juliette Drouet qui habitait au n°12 de la rue Sainte-Anastase. On dit que pour s'éclipser plus facilement du logis familial, il empruntait une sortie dérobée qui donnait dans sa chambre et par un étroit escalier pouvait regagner, sans être vu,  l'impasse Guéménée et rejoindre la boulangère de la rue du Petit-Musc dans l'hôtel meublé de la Herse d'Or situé au 35 de cette même rue.

Comme au moment de la Révolution de 1848, l'hôtel faillit brûler par les insurgés, Hugo préféra déménager. Une pension s'installa dans les lieux jusqu'en 1873 date à laquelle la Ville acquit l'hôtel pour y installer une école municipale. Le Musée Victor Hugo fut inauguré en 1903. Au fil des années il s'enrichit de différents legs. Pour tous les hugolâtres, c'est devenu un lieu de pèlerinage. Ici, il écrivit Ruy Blas, les Burgraves, Marie Tudor, Lucrèce Borgia etc.

     Au n° 4 : Propriété du baron de Marolles en 1621. Le marquis de Favras l'habita en 1776-1790.   Impliqué dans un complot pour l'enlèvement de Louis XVI et de vouloir assassiner Bailly, Necker et La Fayette, il fut condamné à être pendu. On raconte qu'au cours de l'exécution le bourreau lui lança cette apostrophe restée célèbre : " Et maintenant, saute, marquis !".

En 1820, le comte Portalis (1778-1858) habita cet hôtel.

- J'ai regardé l'histoire de cet homme politique. Après avoir été secrétaire des Cultes, puis directeur général de l'imprimerie sous l'Empire, conseiller à la Cour de cassation et pair sous la Restauration, il fut ministre des affaires étrangères en 1828 pendant une seule année. Napoléon III le mit à la retraite tout en le nommant sénateur !

Au n° 2 : Hôtel loué au maréchal de Choiseul, puis loué au comte de Boisgelin au moment de la Révolution. Façade très dégradée.

Au n° 2 bis : Façade restaurée.

- Voilà, mon oncle, c'est fini pour aujourd'hui, j'aurais pu faire plus long, il y a tant de choses encore à dire et à voir...

- Mon neveu, bravo ! Je suis très heureux de ton travail. Tu as vu que je n'ai pas bronché quand tu as continué sur ta lancée à parler des numéros impairs, normalement, d'après notre accord, c'était à moi de m'y "coller"...

- Oui, mais j'ai vite compris que tu voulais que j'aille jusqu'au bout et, finalement, j'ai préféré.

 

 

 

 

 

Sources : En plus de mes travaux personnels, de compilation et de repérage des lieux,  j’ai utilisé les ouvrages suivants : "Dictionnaire historique des rues de Paris " de  Jacques Hillairet. "IVe arrondissement". Collection Paris en 80 quartiers. Mairie de Paris.