
Pourquoi ce nom dOrléans ?
En hommage à Gaston dOrléans, le frère du roi Louis
XIII.
Au n° 36, à langle
du quai et de la rue Boutarel « Le peintre et illustrateur André Dignimont a vécu
dans cette maison de 1927 à sa mort le 4 février 1965. »
Aux nos 32, 30, 28,
on peut admirer les belles ferronneries ainsi que la très belle vue sur le chevet de la
cathédrale.
Au n° 28, limmeuble
date de 1661, il a appartenu au trésorier aux guerres Arnault.
Au n° 26, souvenir de lécrivain
et journaliste Elimir Bourges (1852-1925) qui habita ici en 1883. Il est lauteur de
romans symbolistes, comme La Nef.
À lemplacement du n° 24 se
trouvait sous le Consulat et lEmpire le commissariat de police de lIle.
Aux n° 20 et 18,
cest lHôtel Rolland, du XVIIIe
siècle. Il a été surélevé par des américains qui occupaient cet immeuble vers 1925.
On peut lire sur la plaque: « Hôtel Rolland en 1775, propriété dEtienne
Francis Turgot marquis de Soumont. Gouverneur de Cayenne et de la Guyanne » .
Au n° 12 admirons le
magnifique balcon galbé à doubles courbures qui a été classé. Dans cette maison
naquit, chez son père marchand de vin en gros, le poète Félix Arvers
(1806-1850) dont la célébrité est due à un sonnet célèbre Mes heures perdues dédié à Marie Nodier:
« Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,/Un amour éternel en un moment
conçu. /Le mal est sans espoir, auquel jai dû le taire,/Et celle qui la fait
na jamais rien su. »
Pierre Royer-Collard, alors âgé de 29 ans,
habita ici en 1792. Cétait un homme politique, professeur dhistoire de la
philosophie à la Sorbonne, il fut sous la Restauration président de la Chambre des
députés entre 1828 et 1830. Il entra à lAcadémie française en 1827.
Également le physicien Henri Walferdin (1795-1880), qui inventa en
particulier les thermomètres à minima et maxima ; habita ici pendant les trente
dernières années de sa vie. Malheureusement celle-ci se termina en asile psychiatrique.
En 1930 et pendant une année, le docteur Mardrus et sa femme, la poétesse Lucie
Delarue-Mardrus ont habité ici.
Remarquons le
magnifique balcon galbé à doubles courbures. Le balcon est classé.
Au
n° 8, construction datant de 1640. A été
habitée par le poète de La Ville de Mirmont, mort
en 1914. La plaque dit: « Jean de la Ville de Mirmont né
à Bordeaux le 20 décembre 1886.
Mort au champ dhonneur le 28 novembre 1914. A vécu et écrit
dans cette maison de 1911 à 1914. ».
Au n° 6, construction de
1655 pour le secrétaire de Louis XIV. On y installa en 1838 une bibliothèque polonaise
dont le conservateur fut le plus grand poète polonais Adam Mickiewicz,
professeur de littérature slave au Collège
de France de 1840 à 1848. Un musée polonais y est annexé depuis 1903. Ce musée a été
fondé par le fils du poète. On peut y voir en plus des souvenirs de Mickiewicz, des
manuscrits de Chopin, des correspondances de George Sand, Victor Hugo
Adam Mickiewicz
a été un poète engagé dans une lutte révolutionnaire menée contre la répression
russe. Il fut lami de Pouchkine. Installé à Paris, il devint le chef spirituel des
polonais en exil. Frappé de choléra, il mourut à Constantinople en 1855. Une statue du
poète, uvre de Bourdelle, a été érigée à Paris.
Quai de Béthune
Toujours dans le sens décroissant ! Ce quai a été
construit de 1614 à 1646. Au XVIIIe siècle, ce quai sappelait quai des balcons car larchitecte Le Vau
avait proposé que toutes les maisons de l'île Saint-Louis en bordure de Seine soient
ornées de beaux balcons, doù ce nom. Le nom actuel lui a été donné en 1806. Cest
le nom du ministre dHenri IV, Maximilien de Béthune, duc de Sully.
Au
n° 36, construction de 1644 pour le
conseiller au Parlement Pierre Vole. Puis en 1661, le
premier valet de chambre du roi en devint propriétaire. Au XIXe
siècle, limmeuble était la propriété de
Jaluzot, fondateur des magasins du « Printemps ». Madame Curie,
née Marie Sklodowska, double prix Nobel en 1903 et 1911 pour ses découvertes sur le
radium, morte en 1934. Elle a vécu ici ses
vingt-deux dernières années. Egalement le juriste René Cassin (1887-1976). Prix Nobel de la paix
en 1968. On lui doit davoir fait adopter la Déclaration des droits de lhomme.
Ses cendres ont été transférées au Panthéon en 1987. On remarquera, au dernier
étage, la longueur du balcon qui est égale à la longueur de la façade.
Au n° 34, cest lHôtel Gontaut-Biron, de 1640. Celui-ci a appartenu
au procureur aux comptes Simon Huguet.
Au n° 30, même année que
le précédent, cest lHôtel Potar.
Il fut habité par le premier membre de lAcadémie française et aussi par le frère
du ministre Turgot. La façade est surchargée dinstruments de musique car le
musicien Guy Cholet habita ici.
Au n° 26, Hôtel Sainctot, de 1639, ayant appartenu au
maître dhôtel du roi et « introducteur des Ambassadeurs » à la
cour.
La fonction est superbe ! « Introducteur des
Ambassadeurs
», ça me laisse rêveur !
Ça t'aurait plu, hein ?!
Au n° 24 : À langle
du quai et de la rue Poulletier, cétait lemplacement
dun des plus beaux hôtels de lîle ; ses jardins allaient jusquà
léglise St-Louis en lIle. Le Vau lavait construit en 1642 pour Denys
Hasselin, maître à la Chambre aux deniers, intendant des plaisirs du roi et ordonnateur
des ballets de la cour, mort dindigestion, en 1662, pour avoir absorbé, à la suite
dun pari, 294 cerneaux de noix ! La nonciature y eut son siège de 1713 à
1719. Le nonce sappelait Bentivoglio. Saint-Simon
écrivit de lui : « quil était le plus dangereux fou, le
plus séditieux, le plus débauché prêtre et le plus chien enragé qui soit venu dItalie. »
Lhôtel a été démoli en 1935 et remplacé par un
immeuble moderne dû à Héléna Rubinstein et à larchitecte Süe. La porte est la
seule trace de lancien hôtel. Georges Pompidou (1911-1974) habitait ici,
quai de Béthune, avant de devenir président de la République. Il y est mort en 1974. Il
a été président de la République de juin 1969 à avril 1974. Le romancier Claude
Mauriac (fils de François) habita également cet immeuble.
Au n° 22 : Hôtel
datant de 1645 pour Lefebvre de La Malmaison, conseiller au Parlement. Baudelaire y vécut
en 1842 et 1843.
Du n° 18 au n° 16 : Hôtel
de Richelieu, construit en 1643 par larchitecte Le Vau pour le compte du maître
dhôtel du roi. De 1728 à 1788, le duc Armand-Jean de Vignerod du Plessis, duc de
Richelieu, général des galères, petit-neveu du
cardinal en fut propriétaire, mais ne lhabita pas. En 1958, au deuxième étage,
est décédé lécrivain Francis Carcopino dit Francis Carco,
à 72 ans, (auteur du roman Jésus la Caille).
Plaque : « Hôtel de Comans dAstry.
Conseiller des finances. 1647. De 1728 à 1788 a appartenu au Maréchal de
Richelieu. ».
Au n° 12, il y a
une remarque à faire : Ce quai commence à ce numéro, cest bizarre, mais cest
comme ça ! Il ny a pas de n°1 ! LHôtel
de Bretonvilliers allait de ce numéro
jusquau square situé à la pointe de lîle. Tu imagines limportance du
domaine
Il a été construit entre 1637 et 1640 par Jean Androuet Du Cerceau pour le
compte du riche seigneur de Bretonvilliers, secrétaire du conseil des finances. Ainsi,
cet hôtel sétendait jusquà la pointe de lîle avec jardin et
parterres à la française, jets deau et bassins. Malheureusement, le propriétaire
mourut dapoplexie trois ans après lachèvement.
Dans cet hôtel de Bretonvilliers, on installa, en1788, le bureau des Privilégiés qui servait aux parisiens
ayant une propriété à la campagne et leur donnait pouvoir de faire entrer dans la
capitale les denrées provenant de ces propriétés.
À la Révolution, limmeuble fut mis sous séquestre comme bien
démigré. Après être mis en loterie, il fut morcelé et finalement démoli
entièrement en 1840. Son jardin disparut au moment de la création du boulevard Henri IV.
En 1790, cet hôtel fut divisé entre de nombreux locataires et parmi
ceux-ci, citons Pierre-Samuel du Pont qui fut en 1789 député au Tiers-Etat envoyé par
le bailliage de Nemours, doù son nom de « du Pont de Nemours ». Il
émigra aux Etats-Unis en 1799 où il fonda une dynastie dindustriels qui porte
encore son nom aujourdhui. Il avait été le collaborateur de Lavoisier dont il
devait épouser la veuve.
En mai 1795 fut créée une « Loterie nationale de maisons,
meubles et objets précieux » provenant de la confiscation des biens des émigrés.
Le gros lot était lhôtel de Bretonvilliers estimé à 2, 5 millions de livres.
Au cours de la prochaine balade, nous continuerons le tour de lîle
par les quais dAnjou et de Bourbon
On y parlera des hôtels Lambert et Lauzun,
rien que du beau monde, mon neveu !
Sources :
En plus de mes travaux
personnels, jai utilisé les ouvrages suivants :
. « Dictionnaire
historique des rues de Paris " de Jacques Hillairet.
. Encyclopédies et
dictionnaires divers. |